Pour moi, incapable de juger sans éléments en main et sachant par expérience comme la bonne foi peut se retrourner contre soi, je ne peux dire si les protagonistes de l’affaire sont des escrocs au pas ; le consensus qui les désigne comme des Pieds Nickelés de l’humanitaire me paraît approprié.
Il m’a permis en tout cas d’entendre des arguments, de la part de Français, que je trouve significatifs et graves.
En gros, de nombreuses personnes de mon entourage sont partagées entre deux versions; que je résume grossièrement:
- Quand même, pour ces enfants, mieux vaut vivre en France qu’en Afrique.
Et l’opposé :
- Comment peut-on ignorer l’amour maternel des parents africains, c’est une insulte (pour les africains).
Pour le premier argument, un lien, sans commentaires.
Pour le deuxième, un autre, avec un commentaire : l’auteur (Elisabeth Badinter) a été critiqué, son analyse, comme toute analyse, doit pouvoir être nuancée, mais ce que j’ai vu en Afrique me permet de poser, avec respect, une question, une question, pas une réponse, quand le quotidien est terrible, comment aime-t-on ses enfants? certes, l’amour maternel peut exister, dans toutes les situations, comme le génie ou la beauté, mais est-il systématique? je ne crois pas…
Quelques points :
Débarquer dans un pays en difficulté comme des sauveurs, vouloir le bien des autres sans chercher à les comprendre, alors même qu’il est difficile de les comprendre, peut-être aurais-je du écrire sans chercher à les accepter tels qu’ils sont – faire cela c’est indigne de personnes éduquées et réfléchies, mais c’est aussi caractéristiques des Européens qui ne connaissent pas les autres cultures et européo-centrisent le monde avec les meilleures intentions qui soient.
L’erreur évidente de l’ONG offre à un état l’occasion d’une mise en scène dans laquelle il a le beau rôle… et le retour des accusés révèle la supercherie, écoeurante.
Si un crime a été commis, alors les accusés doivent être jugés ; et punis ; et dans le pays ; mais un procès mascarade, méprisé par les accusés eux-mêmes, qui en connaissaient l’issue, méprisé assurément par les Tchadiens, et qui laisse les Français s’envoler hors du pays parce que le Deus Ex Machina de l’Afrique a toléré le procès (pourquoi?) mais ne tolère pas l’incarcération des coupables – qu’est-ce que c’est? Ils sont coupables – ou pas?
C’est absolument écoeurant. J’ai honte. Pas devant le gouvernement tchadien, mais devant les Tchadiens eux-mêmes. Mais si j’étais là-bas, je n’étalerais pas ma honte, je serais obligée de la renfermer en moi-même, car je sais aussi comme les Africains, écoeurés par les politiques européennes, et manipulés par leurs gouvernement et leurs organes d’informations, peuvent être ultra critiques envers les Européens, et les Français. Et ces ultra critiques, même si elles ont un fond parfaitement légitime, peuvent déboucher sur les phénomènes de terrorisme que nous connaissons actuellement. Si j’étais là-bas, je serais donc obligée de me coincer dans mon écoeurant rôle français (je n’y suis pas, me direz-vous). Guerre des civilisations. Je déteste ça.